David Rolland : « Vous en avez rêvé, un lecteur l’a fait : il s’agit d’un livre, de 9 pages. Merci l’auteur. » Impératif de circonstance : Agis de telle sorte que tu traites le boumeur aussi bien dans Dieu que dans le Dieu de tout autre jamais simplement comme un moyen mais toujours et en même temps comme une fin, un destin et de bon cœur.
vendredi 24 mars 2023
Poésie : Enfant d’amour, et autres réveils…
mardi 14 mars 2023
samedi 11 mars 2023
lundi 21 novembre 2022
mardi 8 novembre 2022
LA VIE EST LA GRANDE CAUSE NATIONALE PERPÉTUELLE
— LA VIE —
– GRANDE CAUSE NATIONALE PERPÉTUELLE –
L’X divorce, l’Y meurt. Pour l’X, c’est pire que l’Y. Sa condition X est le veuvage de la relation au relationnel. Or, toute mort est-elle un suicide ?
mardi 28 septembre 2021
ROMAN : Rêver debout, de Lydie Salvayre, L’AVENIR DE L’EXISTENTIALISME
![]() |
Poème de la foi : la communication par la lecture.
Le principe de la lecture de Don Quichotte est simple et tient en un syllogisme :
Don Quichotte a une âme.
Or, l’âme existe.
Donc, don Quichotte existe.
Peu importe que ça soit faux, cela marche avec le roman.
Miguel de Cervantès a élevé l’écriture au rang de pure création littéraire. Il est le père de tout existentialisme littéraire.
Lydie Salvayre l’a compris.
Nul avant elle n’avait montré qui et où était l’incarnation du saint esprit depuis la venue de Jésus. Cervantès est le premier écrivain classique, honnête homme, depuis ceux qui ont écrit les quatre évangiles. Mais Cervantès le confesse habilement : il ne comprend plus sa créature. Elle prend rapidement son indépendance, vit et meurt, avant de régner à la gauche du saint esprit — jusqu’au roman de Lydie Salvayre. Il y eut, après Cervantès, des hommes droits qui furent écrivains gentilshommes. Deux, ou trois en réalité, jusqu’à la création de Lydie Salvayre. Après elles, d’autres viendront, femmes et hommes. Il existe beaucoup, beaucoup de mystères dans les livres. Tout lecteur de don Quichotte me comprendra. Toute lectrice me comprendra.
Lien vers la page de l’éditeur
jeudi 29 avril 2021
LECTURE : Quart livre des reconnaissances, de Jacques Réda, LE BON POÈTE
Quart livre des reconnaissances, Jacques Réda, Éditions Fata Morgana, 2021
Réjouis-toi, poésie !
Jacques Réda publie.
Le Quart livre des reconnaissances est l’un des rares livres, l’un des seuls, en 2021 et au-delà du temps, qui réveillent le lecteur de poésie égaré ou déçu par la production moderne.
Le Poète, fidèle à sa Muse, a su marier la forme et le fond dès les premières pages, qui s’ouvrent sur les Fragments d’une épopée du mètre avec la suite Le Roland sérieux :
I
Décasyllabe est le vers féodal
Du preux qui tient ferme sa Durandal
Entièrement composé de vers de dix syllabes et traitant des origines de la langue littéraire française, ce poème fourmille d’intentions, de trouvailles et de rimes, d’allusions et d’évocations historiques qui en font, outre une parodie tardive de la chanson de geste, une lecture chantante, une coupe légère qui accueille en elle les siècles et les esprits, sans imposer leur poids. Le geste donc, est large, ouvert, bienveillant.
mercredi 28 avril 2021
CRITIQUE LITTÉRAIRE : Deux livres de Pierre Vinclair
Pierre Vinclair (Prise de vers, La rumeur libre éditions, 2019),
(Sans adresse, Éditions Lurlure, 2018)
CRITIQUE :
Cela est fort vaste,
me dis-je en moi-même…
This dice is the last
à moins d’un poème…
Pierre Vinclair, Prise de vers,
Sans adresse, et Le coup de dés
Il versa tant dans l’analyse
que ses pieds étaient dans la mouise.
Que faire d’un texte illisible
censé bichonner l’impossible
s’il n’est que la déduction
du possible sans traduction ?
À ses parents, amis, marmaille
il fit des sonnets sans rimaille
longs de cent soixante-huit mètres
qu’il coupa en dodécamètres
ciseaux en main, en bon psalmiste
ou comme en poète modiste.
Cent soixante-huit obélus
quatorze font douze, pas plus.
Alors la rime est ajournée
car trimer toute la journée
sur sa pierre, comme un tailleur…
— Sa vérité était ailleurs !
Modestement, il fut formel :
Oui, le sonnet est éternel
à condition de le former
de l’informe vers l’informé.
Ce sujet, qui fera l’objet
d’un prochain cours sur le rejet
et le contre-rejet sans rime
en fin de vers, est fort sublime.
Nous y aborderons l’ouvrage
du sonnet, qui, hors de la page
bondit dans la réalité
et regagne l’éternité
avec sa complice, la prose.
En attendant l’apothéose
reprenons nos méditations
et rangeons nos tabulations.
… Pourvu que demain
je leur fasse un cours
Sur un écrivain
dont j’ai fait le tour…
dimanche 7 février 2021
CRITIQUE : « Que reste-t-il de la poésie ? », livre de Dana Gioia
Dana Gioia : Que reste-t-il de la poésie ?
Sous la forme badine d’un debriefing dont les Américains ont le secret, l’auteur dénonce la spécialisation de la poésie, désormais affiliée aux cours universitaires de création littéraire. Donnés par des poètes institutionnalisés, pour un public toujours plus confidentiels de poètes et de moins en moins lus par le grand public, la poésie, selon l’auteur, se rumine dans l’entre-soi. « La poésie américaine est désormais l’apanage d’une coterie. » (Incipit, p. 7) Les revues n’intéressent plus que des poètes, eux-mêmes auteurs et lecteurs de poèmes, à peine le public cultivé. La professionnalisation des poètes fait de la poésie l’intérêt d’une petite communauté qui n’hésite plus à honorer les siens, parfois au détriment de la qualité intrinsèque des publications. Ainsi, la critique sincère n’étant guère plus produite, mais systématiquement bienveillante, on entortille la poésie dans le sirop de la connivence. La culture populaire tient la poésie pour morte, puisque dévitalisée, coupée de ses racines existentielles.
Sans doute l’essor d’Internet a permis, depuis la publication de ce texte, de transmettre potentiellement la poésie à un plus grand nombres de lecteurs.
Il manque sans doute aussi à cet essai des développements qui atténueraient son tour un brin caricatural, car s’il vise juste et touche souvent sa cible, ce tour d’horizon laconique, flegmatique, laisse un champ dévasté par le pessimisme de la concision, un pessimisme trompeur dans la mesure où tout semble normal si l’on n’y prend garde, tant l’aperçu semble impeccable. La synthèse critique a quelque chose de lénifiant malgré son coup pamphlétaire, qui semble nous dire : « Dormez braves gens, c’est la poésie qui passe... au prochain tour elle meurt ! »
L’auteur, qui avec beaucoup de sang-froid prétend dominer son sujet, verse dans une analyse qui pèche par une vision trop verticale du pouvoir et du cercle des poètes universitaires et institués, tandis qu’une enquête plus étendue, un road-trip moins confiné qui explorerait les grands espaces poétiques et profonds de sa terre d’Amérique, l’aurait sans doute mené à trouver, du moins à chercher la poésie ailleurs que dans les seuls lieux qui l’estampillent. Ce défaut confère à sa critique un air aseptisé qu’il est le premier à dénoncer dans le monde universitaire. Mais sa brièveté ne passe pas à côté de l’essentiel. Dana Gioia est également conscient du rôle que doit jouer la poésie du langage et ceux qui la font : donner, au-delà des classes et des assignations, un sens à nos existences. Conscient de l’importance du langage dans la culture, il se prononce contre l’élitisme et le repli sur soi, en faveur d’une poésie qui se communique et se transmet.
L’essai se finit sur des propositions selon lui à même de sauver la cause de la poésie, en la faisant battre dans tous les cœurs et dans tous les esprits. Il prône donc la lecture publique, par les poètes, d’autres poètes qui leurs soient inconnus ; le décloisonnement des arts, en invitant notamment la musique à participer aux événements poétiques ; des critiques et articles aussi sincères que possibles, sous la plume des poètes, dans de multiples publications non spécialisées ; un appel à exclure de toute anthologie poétique les intérêts partisans ; et enfin, une proposition qui, contrairement à toutes les autres, va à rebours du sens communément admis par nos spécialistes français de poésie (qui depuis l’avénement du web ont largement mis à profit les autres propositions, le plus souvent en reproduisant les mêmes travers incriminés) : que prévale, en classe, la récitation sur l’analyse, en partant du principe que « les poèmes sont faits pour être lus, appris et récités » (p. 56). Cette proposition, qui a le don de me plaire, épouvantera peut-être des poètes et poéticiens français encore en vie, qui se sont époumonés à refuser à la poésie la chance qu’on la récite. Mais Dana Gioia va encore plus loin, puisqu’il ose ce qui relève du blasphème, même ici, en affirmant que le « plaisir des mots » participe de la poésie, et même, au sujet de l’oralité : « Il se pourrait qu’elle détienne aussi les clés de l’avenir de la poésie », conclut-il. Il y a donc des raisons d’espérer.
mardi 20 octobre 2020
LECTURE : Histoires de Schtroumpfs
vendredi 11 janvier 2019
CRITIQUE LITTÉRAIRE : critique des critiques philosophiques

lundi 7 janvier 2019
CRITIQUE LITTÉRAIRE : Quartier libre à la langue de Molière, Racine...
ALAIN BORER, DE QUEL AMOUR BLESSÉE, Réflexions sur la langue française, nrf GALLIMARD, 2014.
CRITIQUE :
Oui, c’est moi ! C’est moi ! Cocorico ! Sanitaires de la critique ! Parler droit, conférez-vous en le devoir ! Moi, ô moi, ta Muse, pourquoi, Français, m’as-tu abandonnée ? Je t’ai nourri. Au-delà de la tentation du vade-mecum, ce livre est un cri d’amour déchirant mais stratégiquement pensé et ordonné pour cingler l’écueil où la parlaison et l’écrivoiserie nous entraînent. Réac ? Que nenni, car de quel amour surpassé ! Néocons ? Fi d’un tel soupçon, car l’auteur m’a nantie de tous ses biens, et en enfer où je séjourne, j’ai grâce à lui l’agrément d’un certain confort. Je ne manque de rien pour survivre. Avez-vous lu un poème aujourd’hui ? Moi oui, le mien ! Castafiore, moi la langue française ? Oh écoutez, arrêtez votre mauvais esprit, et jouissez-moi un peu. Débutez-vous en me lisant ? Ce n’est pas désastreux ! Ni désespéré ! Mais regardez-moi autour de vous, je périclite ! Anglaise je fus ! Latine j’existe ! Grecque je professe ! Au-delà je crois ! Je serai moi demain. J’en pleurerais, et pourquoi ? Je suis comprise partout où on lit bien. Vous n’aimez pas mes voix ? Qu’attendez-vous pour me convoquer ? N’invoquez pas trop. Lisez. Ce livre est une pile de livres, un masse de pensées, une visite à mon chevet, une conversation avec moi. Avec vous ?